vendredi 29 octobre 2010



Jeudi soir au Belmont. J'entre dans le club à peine éclairé de quelques lumières bleutées, le brouillard parcourant la pièce. J'entre à l'arrière pour discuter avec Ivan Smagghe de sa carrière musicale. Quelques bouteilles traînent ici et là et l'endroit est minime, mais la rencontre se fait rapidement avec enthousiasme. La musique est forte, l'ambiance est endiablée même au tout début de la soirée.
Photo: Juan Saez
Electransmission: Tu as débuté ta carrière en tant que vendeur chez un disquaire réputé, Rough Trade, ainsi que comme collaborateur au Nova Magazine ainsi que Les Inrockuptibles. Crois-tu que cela a pu apporter quelque chose à ta création musicale?
Ivan: Tout est basé sur le disque. D'avoir travaillé dans un magasin de disques est la tâche la plus importante; j'ai commencé à y travailler car je leur devais trop d'argent! Si je pouvais gagner ma vie à jouer des disques tout seul ou pour 3 personnes, je le ferais.

Electransmission: Es-tu davantage vinyl, CD ou mp3?
Ivan: Ça m'est égal, tout ce qui compte c'est la musique. Des fois Tracktor en voyage, chez moi j'ai des vinyls... Ce n'est pas important du tout!
Photo: Juan Saez
Electransmission: Tu as performé par la suite au club Pulp. Quels sont tes plus beaux souvenirs de ce moment là et quels sont les atouts majeurs que cette expérience a pu t'apporter?
Ivan: Déjà j'étais gratuit là bas! Mais c'était une époque aussi; les débuts de Tiga, la fin des années 90! Aujourd'hui c'est surtout de l'électronique mélangé mais à l'époque en Europe, c'était vraiment important. Aussi il y a des gens avec qui je travaille encore aujourd'hui; des gens avec qui je travaillais à la radio et ce n'était que des filles; j'étais le seul garçon. Si je me rappelle bien c'était un club de lesbiennes. Pour moi c'est ma famille, vraiment. De même que je fais encore des soirées avec eux là-bas même si le club n'existe plus.

Electransmission
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En tant que DJ, qu'est-ce qui t'inspire le plus à jouer comme musique? Est-ce qu'une chanson qui a joué à répétition sort de ta liste rapidement pour faire place aux promotions que l'on t'envoie d'avance ou est-ce seulement une question de choix personnel?
Ivan: C'est un peu inexplicable ça; il y a des trucs que je joue pendant très longtemps, des trucs que je joue et que je jette, c'est vraiment au feeling. Ce sont plutôt des choix personnels par rapports aux trucs du moment, ce qui marche etc. Pour moi; je joue ou je ne joue pas, même qu'il y a des trucs que j'aime et que je ne joue pas, voilà.

Electransmission: Je suis certaine que tu n'aimes pas t'enterrer sous un style musical prédéfini mais si je te demandais à le faire, tu t'identifierais comment?
Ivan: C'est impossible je crois pour moi de définir ça. Ce que j'essaie de faire c'est de faire danser les gens mais il n'y a pas de style attaché à ça. Si je commence à me donner un style je commence à fermer la boîte et je ne veux pas.
Photo: Juan Saez
Electransmission: Quelles ont été tes plus grandes découvertes musicales?
Ivan: Cela date du temps que j'étais encore chez mes parents. Mon père écoutait beaucoup de musique dont Tangerine Dream et beaucoup de trucs des années 70. Mes premiers trucs, personnellement c'était plus rock; pendant que j'étais ado les discothèques étaient des places où il ne fallait pas aller, des places pour les sales gens etc. Les gens qui étaient dans la musique écoutaient du rock et c'est ce que j'ai écouté pendant longtemps. Puis après est venu la house music, et ça a changé. Mais le premier disque que j'ai acheté est Tainted Love, en 1982 je crois.

Electransmission: Si je te demandais quel moment as-tu été le plus fier dans toute ta carrière, ce serait lequel?
Ivan: Je ne sais pas trop, en fait j'espère que le moment dont je suis le plus fier n'est pas encore arrivé! Quand on prend les comptes, on voit que ce n'est pas fini encore. Jamais j'aurais cru qu'à 40 ans j'aurais fait tout ceci!

Electransmission
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Qu'est-ce qui t'a poussé vers le milieu de la musique électronique?
Ivan: J'allais voir beaucoup de concerts entre 1985 et 1988 et j'ai été touché de voir ce que c'était de monter un groupe et tout. Mais les disques je ne les utilisais pas du tout et c'est venu après, ce sont les gens qui m'ont forcé à me diriger là-dedans, à être DJ et au tout début ça ne m'intéressait pas du tout, ce qui m'intéressait c'est la musique voilà tout. C'est venu par hasard en fait.
Photo: Juan Saez
Electransmission: On dit de ta compilation Death Disco qu'elle a été un succès phénoménal du genre electroclash en 2004 et que c'est un style musical qui est mort.. Saurais-tu dire pourquoi?
Ivan: Ce n'est que nommer des noms à la musique et je dirais qu'en ce moment ce style est un peu revenu. Ça ne veut rien dire ça. Je vois déjà du revival de choses que j'ai entendu en 2002-2003. L'electroclash c'est le nom de ce genre là, à cette époque là. C'était une époque qui a été importante pour Tiga, Peaches et tous ces artistes.

Electransmission: Finalement Ivan, quels sont tes projets à venir?
Ivan: Déménager mon studio, produire plus de musique, la musique, c'est toujours la musique.

Photo: Juan Saez

Entrevue audio
Entrevue avec Ivan Smagghe, invité de la soirée, réalisée par Electransmission durant la soirée "Dance in Dark" au Belmont, Montréal (Soirée Dance in Dark)
Electransmission - Entrevue avec Ivan Smagghe by electransmission1

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mercredi 27 octobre 2010

Thomas Von Party


Figure célèbre du label Montréalais Turbo Recordings, Thomas Von Party agence talent et passion. Depuis 2006 qu'il est à la tête de tout ce qui se passe et j'ai pu m'entretenir avec lui pour en savoir davantage.

Electransmission: Quand et comment t'es-tu intéressé à la musique et à la passion d'être DJ?
Thomas: Depuis un très jeune âge que je suis dans ce monde; mon frère aîné ainsi que mon père étaient tous les deux DJ, donc l'idée de découvrir davantage sur la musique, d'avoir des armes secrètes et d'être obsédé par la musique étaient des choses que j'ai connu dès la tendre enfance.

Electransmission: Tu travailles maintenant chez Turbo Recordings, le label Montréalais qui inclue plusieurs artistes excellents tels que Jesper Dahlback, Martini Bros, Tiga et plusieurs autres. Quelles sont tes tâches chez Turbo et que représente ce travail dans ta vie?
Thomas: Nous sommes une petite équipe, donc nous devons nous partager plusieurs tâches. Cela passe de l'apprentissage de l'industrie, tout ce qui concerne les contrats, licences, la comptabilité de merde jusqu'aux truc Web. Beaucoup de négociation avec les artistes, donner la commission aux remixes, l'envoi de fichiers ici et là, éditer des vidéos etc. Finalement, tout ce qui doit être fait!

Electransmission
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Peux-tu décrire Thomas Von Party?
Thomas: Petit. Frisé. Excitable.

Electransmission: Crois-tu que Turbo aie un effet majeur sur la scène montréalaise et mondiale?
Thomas: Montréal a une tendance à ignorer les talents locaux et j'ai l'impression que c'est le cas avec Turbo. Nous avons un tout petit réseau de très grands admirateurs, mais non sur un grand réseau local. Je crois que dans notre scène, nous sommes très influençables musicalement, mais je ne saurais dire à quel point mondialement... Quelques fois cela me paraît très petit, d'autres fois très grand.

Electransmission: Quels artistes et DJs t'influencent le plus?
Thomas: Côté DJs, je dirais sans hésiter Jori Hulkkonen, Ivan Smagghe, tous deux que je trouve très inspirants. Côté production, Duke Dumont a fait d'excellentes pièces dernièrement, Jori encore et ZZT.

Electransmission: Vinyl, CD ou MP3?
Thomas: Et pourquoi pas cassettes? Cela dépend des situations, mais il est difficile d'AIMER un mp3. Un vinyl a mille fois plus de charme que n'importe quel format digital, même si le disque laser commence à tout rattraper..

Electransmission: Qui sont tes artistes favoris?
Thomas:
Aphex Twin est mon #1 de tous les temps. Burial. Proxy est super. Jesper Dahlbäck. Jori Hulkkonen. ZZT.

Electransmission: Finalement, comment vois-tu ta carrière dans le futur? Quels sont tes buts?
Thomas: Pour Turbo, et moi personnellement, je veux seulement faire les choses que j'aime. Cela peut sembler vague, mais quelques fois dans le vortex du bureau, tu peux passer beaucoup de temps pour l'administration sans penser que tu fais vraiment quelque chose... Dans le futur, je crois que j'aimerais surtout améliorer la balance entre le travail créatif contre le travail plate de bureau. Je l'espère, cela veut dire de bons vidéos, musique... et peut-être même une soirée dans une vie seconde.

Ce jeudi 28 octobre, Thomas Von Party sera au Belmont
en compagnie d'Ivan Smagghe, Mike Mind et un invité surprise...
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