vendredi 29 octobre 2010



Jeudi soir au Belmont. J'entre dans le club à peine éclairé de quelques lumières bleutées, le brouillard parcourant la pièce. J'entre à l'arrière pour discuter avec Ivan Smagghe de sa carrière musicale. Quelques bouteilles traînent ici et là et l'endroit est minime, mais la rencontre se fait rapidement avec enthousiasme. La musique est forte, l'ambiance est endiablée même au tout début de la soirée.
Photo: Juan Saez
Electransmission: Tu as débuté ta carrière en tant que vendeur chez un disquaire réputé, Rough Trade, ainsi que comme collaborateur au Nova Magazine ainsi que Les Inrockuptibles. Crois-tu que cela a pu apporter quelque chose à ta création musicale?
Ivan: Tout est basé sur le disque. D'avoir travaillé dans un magasin de disques est la tâche la plus importante; j'ai commencé à y travailler car je leur devais trop d'argent! Si je pouvais gagner ma vie à jouer des disques tout seul ou pour 3 personnes, je le ferais.

Electransmission: Es-tu davantage vinyl, CD ou mp3?
Ivan: Ça m'est égal, tout ce qui compte c'est la musique. Des fois Tracktor en voyage, chez moi j'ai des vinyls... Ce n'est pas important du tout!
Photo: Juan Saez
Electransmission: Tu as performé par la suite au club Pulp. Quels sont tes plus beaux souvenirs de ce moment là et quels sont les atouts majeurs que cette expérience a pu t'apporter?
Ivan: Déjà j'étais gratuit là bas! Mais c'était une époque aussi; les débuts de Tiga, la fin des années 90! Aujourd'hui c'est surtout de l'électronique mélangé mais à l'époque en Europe, c'était vraiment important. Aussi il y a des gens avec qui je travaille encore aujourd'hui; des gens avec qui je travaillais à la radio et ce n'était que des filles; j'étais le seul garçon. Si je me rappelle bien c'était un club de lesbiennes. Pour moi c'est ma famille, vraiment. De même que je fais encore des soirées avec eux là-bas même si le club n'existe plus.

Electransmission
:
En tant que DJ, qu'est-ce qui t'inspire le plus à jouer comme musique? Est-ce qu'une chanson qui a joué à répétition sort de ta liste rapidement pour faire place aux promotions que l'on t'envoie d'avance ou est-ce seulement une question de choix personnel?
Ivan: C'est un peu inexplicable ça; il y a des trucs que je joue pendant très longtemps, des trucs que je joue et que je jette, c'est vraiment au feeling. Ce sont plutôt des choix personnels par rapports aux trucs du moment, ce qui marche etc. Pour moi; je joue ou je ne joue pas, même qu'il y a des trucs que j'aime et que je ne joue pas, voilà.

Electransmission: Je suis certaine que tu n'aimes pas t'enterrer sous un style musical prédéfini mais si je te demandais à le faire, tu t'identifierais comment?
Ivan: C'est impossible je crois pour moi de définir ça. Ce que j'essaie de faire c'est de faire danser les gens mais il n'y a pas de style attaché à ça. Si je commence à me donner un style je commence à fermer la boîte et je ne veux pas.
Photo: Juan Saez
Electransmission: Quelles ont été tes plus grandes découvertes musicales?
Ivan: Cela date du temps que j'étais encore chez mes parents. Mon père écoutait beaucoup de musique dont Tangerine Dream et beaucoup de trucs des années 70. Mes premiers trucs, personnellement c'était plus rock; pendant que j'étais ado les discothèques étaient des places où il ne fallait pas aller, des places pour les sales gens etc. Les gens qui étaient dans la musique écoutaient du rock et c'est ce que j'ai écouté pendant longtemps. Puis après est venu la house music, et ça a changé. Mais le premier disque que j'ai acheté est Tainted Love, en 1982 je crois.

Electransmission: Si je te demandais quel moment as-tu été le plus fier dans toute ta carrière, ce serait lequel?
Ivan: Je ne sais pas trop, en fait j'espère que le moment dont je suis le plus fier n'est pas encore arrivé! Quand on prend les comptes, on voit que ce n'est pas fini encore. Jamais j'aurais cru qu'à 40 ans j'aurais fait tout ceci!

Electransmission
:
Qu'est-ce qui t'a poussé vers le milieu de la musique électronique?
Ivan: J'allais voir beaucoup de concerts entre 1985 et 1988 et j'ai été touché de voir ce que c'était de monter un groupe et tout. Mais les disques je ne les utilisais pas du tout et c'est venu après, ce sont les gens qui m'ont forcé à me diriger là-dedans, à être DJ et au tout début ça ne m'intéressait pas du tout, ce qui m'intéressait c'est la musique voilà tout. C'est venu par hasard en fait.
Photo: Juan Saez
Electransmission: On dit de ta compilation Death Disco qu'elle a été un succès phénoménal du genre electroclash en 2004 et que c'est un style musical qui est mort.. Saurais-tu dire pourquoi?
Ivan: Ce n'est que nommer des noms à la musique et je dirais qu'en ce moment ce style est un peu revenu. Ça ne veut rien dire ça. Je vois déjà du revival de choses que j'ai entendu en 2002-2003. L'electroclash c'est le nom de ce genre là, à cette époque là. C'était une époque qui a été importante pour Tiga, Peaches et tous ces artistes.

Electransmission: Finalement Ivan, quels sont tes projets à venir?
Ivan: Déménager mon studio, produire plus de musique, la musique, c'est toujours la musique.

Photo: Juan Saez

Entrevue audio
Entrevue avec Ivan Smagghe, invité de la soirée, réalisée par Electransmission durant la soirée "Dance in Dark" au Belmont, Montréal (Soirée Dance in Dark)
Electransmission - Entrevue avec Ivan Smagghe by electransmission1

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mercredi 27 octobre 2010

Thomas Von Party


Figure célèbre du label Montréalais Turbo Recordings, Thomas Von Party agence talent et passion. Depuis 2006 qu'il est à la tête de tout ce qui se passe et j'ai pu m'entretenir avec lui pour en savoir davantage.

Electransmission: Quand et comment t'es-tu intéressé à la musique et à la passion d'être DJ?
Thomas: Depuis un très jeune âge que je suis dans ce monde; mon frère aîné ainsi que mon père étaient tous les deux DJ, donc l'idée de découvrir davantage sur la musique, d'avoir des armes secrètes et d'être obsédé par la musique étaient des choses que j'ai connu dès la tendre enfance.

Electransmission: Tu travailles maintenant chez Turbo Recordings, le label Montréalais qui inclue plusieurs artistes excellents tels que Jesper Dahlback, Martini Bros, Tiga et plusieurs autres. Quelles sont tes tâches chez Turbo et que représente ce travail dans ta vie?
Thomas: Nous sommes une petite équipe, donc nous devons nous partager plusieurs tâches. Cela passe de l'apprentissage de l'industrie, tout ce qui concerne les contrats, licences, la comptabilité de merde jusqu'aux truc Web. Beaucoup de négociation avec les artistes, donner la commission aux remixes, l'envoi de fichiers ici et là, éditer des vidéos etc. Finalement, tout ce qui doit être fait!

Electransmission
:
Peux-tu décrire Thomas Von Party?
Thomas: Petit. Frisé. Excitable.

Electransmission: Crois-tu que Turbo aie un effet majeur sur la scène montréalaise et mondiale?
Thomas: Montréal a une tendance à ignorer les talents locaux et j'ai l'impression que c'est le cas avec Turbo. Nous avons un tout petit réseau de très grands admirateurs, mais non sur un grand réseau local. Je crois que dans notre scène, nous sommes très influençables musicalement, mais je ne saurais dire à quel point mondialement... Quelques fois cela me paraît très petit, d'autres fois très grand.

Electransmission: Quels artistes et DJs t'influencent le plus?
Thomas: Côté DJs, je dirais sans hésiter Jori Hulkkonen, Ivan Smagghe, tous deux que je trouve très inspirants. Côté production, Duke Dumont a fait d'excellentes pièces dernièrement, Jori encore et ZZT.

Electransmission: Vinyl, CD ou MP3?
Thomas: Et pourquoi pas cassettes? Cela dépend des situations, mais il est difficile d'AIMER un mp3. Un vinyl a mille fois plus de charme que n'importe quel format digital, même si le disque laser commence à tout rattraper..

Electransmission: Qui sont tes artistes favoris?
Thomas:
Aphex Twin est mon #1 de tous les temps. Burial. Proxy est super. Jesper Dahlbäck. Jori Hulkkonen. ZZT.

Electransmission: Finalement, comment vois-tu ta carrière dans le futur? Quels sont tes buts?
Thomas: Pour Turbo, et moi personnellement, je veux seulement faire les choses que j'aime. Cela peut sembler vague, mais quelques fois dans le vortex du bureau, tu peux passer beaucoup de temps pour l'administration sans penser que tu fais vraiment quelque chose... Dans le futur, je crois que j'aimerais surtout améliorer la balance entre le travail créatif contre le travail plate de bureau. Je l'espère, cela veut dire de bons vidéos, musique... et peut-être même une soirée dans une vie seconde.

Ce jeudi 28 octobre, Thomas Von Party sera au Belmont
en compagnie d'Ivan Smagghe, Mike Mind et un invité surprise...
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mardi 10 août 2010

Entrevue avec DJ Mini


Après une envolée en Europe, elle nous revient pour ses soirées au Bily Kun deux fois par mois. Mais ce n'est pas tout! La DJ Montréalaise, surtout connue pour sa soirée Overdose (qui a duré 7 ans) au Parking, a accepté de faire une entrevue avec Électransmission.



Electransmisison: Salut Mini! Premièrement j'aimerais savoir ce qui t'a intéressée au métier de DJ?
Mini: Je dirais mon premier rave à Québec à l'âge de 15 ans. Le fait d'entendre cette musique fût un énorme déclic. Une musique libre sans message particulier, qui laisse les images flotter dans ma tête. J'ai été très stimulée par tous ces nouveaux sons, l'ambiance de la soirée et les visuels; j'ai eu l'impression de découvrir un univers fascinant et nouveau qui collait finalement à mes goûts! Plus tard, j'ai travaillé dans un petit bar sur le Boulevard St-Laurent, le Blue Dog. La propriétaire a vite remarqué que j'étais très passionnée voir obsédée par la musique électronique, puis elle m'a suggéré de venir me pratiquer en dehors des heures d'ouverture. Elle m'a procuré plusieurs disques, un sac pour les ranger puis chaque fois que j'avais la chance, je vais m'exercer et ce souvent jusqu'aux petites heures du matin. Je ne sais pas combien de fois j'ai vu le soleil se lever sans m'être rendue compte du nombre d'heures que je venais de passer à enchaîner les morceaux! Évidemment, j'ai commencé à jouer avec d'autres dont Danier Lussier (DJ DB) avec qui j'ai organisé pendant quelques années les fameuses soirées Shredder du dimanche au Blue Dog, puis à être bookée un peu partout autour dont les soirées Chemistry au Blizzarts avec Jordan Dare et Bliss. Et puis arriva Overdose que j'ai prise suite au départ de Frigid, que j'ai transformé en une soirée un peu moins glam rock, plus accentuée sur l'électro et le techno et ce, pour un bon 7 ans solide.

Electransmission: Est-ce qu'il y aurait une expérience dans ta carrière qui t'aurais le plus marqué? Et ce, dans quel sens?
Mini: J'en ai quelques unes dont ma première prestation dans un rave, où j'ai enlevé l'aiguille du disque qui jouait; énorme silence, l'impression accablante que tout se passait au ralenti d'un coup. Je tremblais comme une feuille quand j'ai réalisé ce qui venait de se passer! Je retenais mon souffle et le public aussi... Enfin, cela n'a duré qu'un petit deux secondes j'imagine, mais ça m'a semblé durer des heures. Ça nous arrive tous au début de faire ça, c'est dû au stress. J'ai aussi tenté de faire signer un disque par Ellen Allien et encore une fois, j'étais intimidée et je lui ai tendu un disque qui n'étais pas le sien! Haha, plutôt gênant! Nous sommes devenues amies par après, mais c'est quand même un drôle d'anecdote.

Mes soirées Overdose. Mais il y en a tellement que je ne saurais par où commencer. Plutôt du côté sérieux, entendre quelqu'un que tu respectes depuis des lustres jouer ta musique, c'est vraiment bien. J'ai sur vidéo David Carretta au Rex qui mixe du Mini... Pas mal! :-) Quand je vois des charts de DJ et que je me rend compte que ma musique se diffuse et fait danser lesgens, je regrette un peu de ne pas avoir autant de gutz et de toujours mettre mes morceaux en soirée...

Je me rappele aussi du premier Igloofest lorsque j'ai joué, où j'ai vécu une pure symbiose avec le public. Nous en parlons encore régulièrement; un moment magique et inoubliable! Tout était parfait, juste utopique. Et la nuit blanche au mois de février cette année, il fallait y être pour comprendre. La foule en délire, j'ai presque fait du body surfing!!! J'ai débuté mon set et en l'espace de 2-3 mixes, les barrières qui empêchaient le public d'être trop près de la scène ont dû reculer de 6 pieds. J'ai d'ailleurs dû terminer avant 3 heures puisque la sécurité craignait carrément une émeute! Évidemment, pas parce que la musique rendait les gens agressifs, mais parce qu'il y avait tellement d'énergie dans l'air qu'ils ne savaient pas s'ils allaient être capables de calmer cette foule et mettre fin à l'événement! Bien sûr, en bonne fée que je suis, j'ai tranquillisé et terminé la soirée en decrescendo... Quel bon souvenir!

Electransmission: Quels artistes ont eu le plus d'influence sur toi depuis le début de ta carrière? Crois-tu aussi en avoir influencés?
Mini: Je crois, oui, et même j'en suis sûre! Cherry Cola, Omni, X-Cube, Olivier St-Germain, Narciss, Mary Hell, Davidé, Mike Mind je pense, ceux de l'électro qui m'ont suivi de près durant des années avant d'eux même devenir DJ... Bien sûr, je ne peux pas confirmer tous ceux que je ne connais pas personnellement, mais ils étaient souvent au fameux Overdose, la soirée que j'ai tenu le jeudi au Parking durant 7 ans. Je crois qu'il n'y a jamais eu autre chose du type qui a duré plus que la moitié de ce temps là par après et même durant ces 7 années...

Mes influences, je dois dire que Ellen Allien, Jennifer Cardini, Ivan Smagghe, Sascha Funke, Ascii Disko, Jordan Dare et David Carretta sont de ceux qui me font le plus tapper du pied. Avec eux, je suis sûre de découvrir chaque fois des perles et de pouvoir me laisser portant par le courant. Au niveau DJ à primabord. Au niveau production, ça passe de Kiko, Barbara Morgenstern à Neu, en passant par The Cure, Zombie Nation, Xenia Beliayeva et Anne Clark, mais toujours dans l'ambiance assez rythmée et possiblement dancefloor pour faire une histoire courte; avec ma voix aussi souvent, of course. Ça rend les morceaux beaucoup plus personnels d'ajouter sa voix et ses propres textes, mise en contexte de plus de son ambiance sonore.


Electransmission: Overdose, soirée que tu as su remplir chaque semaine pendant 7 ans au Parking, a pris fin. Est-ce que c'est quelque chose que tu regrettes ou tu es passée à autre chose? C'est tout de même une grande page importante qui se tourne.
Mini: J'ai pris assez de temps pour y réfléchir. J'ai évalué les "pour" et les "contre", j'ai essayé de retarder cela de plus en plus mais c'était inévitable, je savais qu'Overdose ne pouvait plus durer. Toute bonne chose a une fin et le changement apporte du renouveau, des nouvelles idées sont depuis en train de germer. J'aimerais que les jours durent 48 heures pour pouvoir réaliser tout ce dont j'ai envie! Cet été, cela m'a permis de partir longtemps, de ne plus devoir jouer une soirée hebdomadaire et d'investir plus de temps et d'énergie à mettre en oeuvre des projets à l'étranger et ça, c'était vraiment un facteur déterminant, sachant que je suis signée sur un label à l'étranger. Je voulais pouvoir être plus à l'aise de voyager sur une base régulière et ne pas avoir l'impression de délaisser la soirée. Aussi, cela m'a forcée à apprendre à me débrouiller avec juste mon laptop pour produire des morceaux, des remix... bien que je préfère jouer sur mes instruments en studio, évidemment. La soirée me manque bien sûr, le public, l'énergie. La chance de pouvoir jouer 5 heures très souvent avec un public affamé. Ces jours-ci, je trouve ça rapide de faire un petit set d'une heure et demi! J'ai l'impression de lire juste l'introduction et de ne pas m'être attaquée au roman en entier! Mais j'aime quand même; ça a un impact différent et plus immédiat sur le public.

Electransmission: Tu as un album à ton actif et ton deuxième sortira cette année. La composition musicale est-elle pour toi un projet qui te trottait en tête depuis longtemps?
Mini: C'était la pièce manquant du puzzle. Je voulais, oui être DJ, mais je voulais davantage; pouvoir moi-même créer et exprimer quelque chose avec mes propres son. J'ai pris des cours privés avec Fred Lagacé et on a terminé ensemble Audio Hygiene en 2006. Depuis, je me débrouille comme je peux pour terminer seule, mais je fais souvent appel à un deuxième avis, c'est dur d'avoir du recul quand tu as entendu ton morceau plusieurs vingtaines de fois! Ça se passe bien jusqu'à maintenant, bien que ça prenne un peu plus de temps que prévu. Mais bientôt, je me replongerai à fond puis j'aurai vraiment l'intention d'en venir à bout. J'ai un concept super intéressant... Je t'expliquerai ça dans une prochaine entrevue! ;)

Electransmission: Quels sont tes coups de coeur musicaux du moment?
Mini: J'aime beaucoup Kasper Bjorke ces jours-ci, Matthew Dear, Pol, Dop, Gui Boratto bien sûr, Maetrik, The Model, Nomenklatûr, Guillaume and the Coutu Dumonts, Tensnake, Diskjokkle, Xenia Beliayeva, Remote, Hrd Vision, Mustang et j'ai deux labels que je scrute de près. Le label Poor Records de Suisse, qui font un peu plus du nu disco, et le label montréalais My Favorite Robot. Je suis surprise chaque fois, vraiment, leurs sorties sont toujours irréprochables. Et je suis toujours Sei A de près, ainsi que les sorties de Turbo Recordings.

Electransmission: À quel genre d'ambiance peut-on s'attendre lorsqu'on entend DJ Mini?
Mini: Cela dépend du contexte! Ça peut être plus tranquille, un peu plus funky et disco-eish si c'est au Bily Kun, ça peut être plus ebm/dark dans une soirée fétiche par exemple, et ça peut être plus orienté techno/électro plus sec et sacadé pour une soirée aux Foufounes Électriques. Des fois, je joue pratiquement house aussi pour des endroits comme le Velvet. Je cherche toujours à amener à ma manière l'ambiance qui est appropriée mais avec mon son; je crois que c'est primordial qu'un DJ puisse s'adapter.

Je ne peux pas concevoir de toujours jouer les mêmes morceaux. Tout dépend de l'heure, du type de lieu et public, comment on feel etc. Pour moi, c'est une forme d'expression et on n'a pas toujours les mêmes sujets de conversation!

Electransmission: On peut avoir un hint de ce qui s'en vient pour toi?
Mini: Beaucoup de remixes; j'en ai produits d'ailleurs plusieurs depuis un an. Je mets tranquillement une structure plus fiable avec l'Europe afin de solidifier mes tournées. Je suis beaucoup approchée pour la production ces jours-ci et j'aime ça, donc je dis souvent oui, mais je devrais me garder un peu plus de réserves pour mon gros projet "Espace Temps"; ce sera le titre de mon album. Chaque fois que je voyage, j'emmagasine des images et des sons des endroits où je vais. Puis sur place, j'avance sur un morceau qui me rappelle l'état d'esprit/d'âme. C'est comme faire un freeze frame du moment dans le temps, dans ma vie. Je m'inspire de cela et je termine la pièce en studio quand je reviens. Je veux faire l'album en une grande pièce avec des interludes plutôt flottantes, comme des mini montages sonores qui nous berceront d'une pièce à l'autre afin que l'on puisse écouter l'album d'un trait, mais avoir des moments de répit moins axés sur le rythme, mais bien l'ambiance! Ça améliorera l'ensemble pour l'écoute dans certains contextes comme l'écoute en voiture ou bien calé dans son fauteuil (J'ai la pose "Memorex" en tête!); c'est toujours la meilleure façon d'écouter de la musique; la route, les sons en stéréo, être dans une bulle, nous sommes très réceptifs à ce moment là.

J'ai un autre projet qui risque de t'intéresser aussi, mais c'est trop tôt pour en parler! Je te réserve la surprise!



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jeudi 22 juillet 2010

Entrevue avec MY FAVORITE ROBOT

Trois mots, un excellent label. MY FAVORITE ROBOT. Jared Simms en est le fondateur avec son ami, Voytek Korab. Une image de détermination qui a débuté vers le millieu des années '90, tandis que les deux étaient très présents dans la scène musicale montréalaise.

Electransmission
: My Favorite Robot est né en 2008. Peux-tu me parler un peu de la structure du label et les artistes qui ont signé dessus?
Jared: Bien sûr! En 2008, nous avons décidé de créer le label comme but de nous aider à faire connaître notre musique. Tu as plus de liberté à poursuivre ta propre voie dans une situation comme celle-là. Depuis, je gère le label en grande partie de Toronto même si les origines sont plutôt Montréalaises.

Les premiers artistes sur le label étaient les mêmes personnes qui motivaient Voytek et moi à faire avancer notre projet plus rapidement. Ils étaient un groupe d'amis et des artistes vraiment talentueux se dirigeant tous dans leur voie respective, développant leurs sons distinctifs. Des artistes comme James Teej, Kenny Glasgow, Nitin, Jonny White et Vandermeer; ceux-ci étaient les artistes sur nos premières parutions et pour la majeure partie, ça demeure vrai encore aujourd'hui.

Electransmission: Comment as-tu rencontré ton partenaire et pris la décision de créer My Favorite Robot?
Jared: Voytek et moi nous connaissons depuis un bon moment. J'ai grandi à Montréal et j'ai organisé avec Voytek beaucoup de "partys" L'idée de former un groupe a réellement fait du sens avec toute la synergie de nos sons et goûts musicaux. Cela a débuté simplement en étant DJ tout en gardant un oeil près du studio en écrivant des pièces musicales ensemble. Lorsque tout cela a commencé, le label a grandi de lui-même.

Electransmission: Quelle est ta vision de My Favorite Robot?
Jared: PAS DE VOCAUX ESPAGNOLS, PAS DE SONS LATINS!

Electransmission: Les artists du label reçoivent beaucoup de réactions positives; comment prends-tu la décision de signer un artiste? Est-ce qu'ils viennent te solliciter ou tu les approches directement pour leur faire une proposition?
Jared: Ouais, nous sommes très chanceux d'avoir autant d'artistes talentueux, à même pas 10 minutes à pied de chez moi. Généralement, j'approche les gens avec qui j'aimerais me lancer dans le projet. Les gens qui comprennent ce que l'on essaie de faire. Pour moi, le label est un projet pour travailler dur afin de promouvoir la musique d'amis et musiciens proches.

Electransmission: Comment as-tu trouvé le nom My Favorite Robot?
Jared: Haha! C'était seulement un résultat d'une bonne session de "brain storming". Nous voulions an venir avec un résultat pas trop sérieux qui nous demeurait en tête.

Electransmission: Quelle direction aimerais-tu prendre avec le label?
Jared: Le label a débuté avec une vision d'ignorer les normes et d'y aller avec notre vision de ce qu'est la musique dance, donc je crois que cela continuera dans cette direction. Nous faisons nos trucs. Nous essayons de garder la production brute, musicale, d'humeur changeante et pas bonne seulement sur une piste de danse.

Electransmission: Quels sont vos projets pour 2010?
Jared: J'ai très hâte à la dernière moitié de l'année. De grandes sorties musicales incluant un nouveau EP de James Teej en Août. Nous avons signé un EP de The Model qui est surtout connu pour son travail sur le label Gigolo Records de DJ Hell et une très grande sortie de Sasse & Phonogenic en septembre qui, je crois, aura une influence particulière sur la production du label.

Nous avons aussi notre événement mensuel au Velvet à Montréal et nous sommes chanceux d'avoir cet endroit comme point d'appui à Montréal. Il y a une énergie dans cet endroit qui ne se retrouve nul part ailleurs. Très hâte de jouer avec Ostrick le 24 juillet et avec Art Department le 14 Août.

Electransmission: Crois-tu que la scène musicale a changé dans la dernière année ou qu'il y a plus de possibilités?
Jared: Oui, sans aucun doute il y a des différences maintenant, mais il y a aussi plus de possibilités pour les artistes je crois. C'est bien de savoir à quel point autant de jeunes musiciens ont accès au studio à la maison et peuvent pratiquer leur art tout en en vivant. La digitalisation de la musique a eu un très grand effet sur la scène et la qualité de la musique mais tout cela a aussi créé un environnement dans lequel un label comme MFRR peut naître.


L'émission spéciale
MY FAVORITE ROBOT::::

Electransmission - "My Favorite Robot" by Marjolaine25




::ÉCOUTEZ::
Various Artists

Mechanically Reclined
Compiled & Mixed by Phonogenic
Écoutez et achetez

James Teej - Transistin' Tom
Kenny Glasgow - Belgian Disco
A split release from two of the label's
core artist featuring original tracks
Écoutez et achetez

Jordan Dare - You Fade Out EP
2 Original tracks from Jordan Dare
w/ remixes from My Favorite Robot,
Mateo Murphy, and Kenny Glasgow
Écoutez et achetez


samedi 17 juillet 2010

Entrevue avec David Carretta


Un artiste fort réputé dans le monde de la musique électronique. Un pionner de la musique électro-techno et plusieurs disent même de l'electroclash. Paru chez Thrust et Gigolo, il a aussi à son actif plusieurs remixes et Space Factory, son propre label. J'ai la chance de m'entretenir avec nul autre que David Carretta.

Electransmission: Que fais David Carretta ces jours-ci?
David: Aujourd'hui, je suis au Brésil pour 2 dates à Sao Paulo et Cuiaba, ensuite je rentre chez moi pour travailler sur un nouveau projet avec Gigi Succès, qui s'apellera "AEROBIC". Nous avons prévu la sortie d'un EP. pour septembre/octobre.

Electransmission: Vous souvenez-vous du premier vinyl que vous avez acheté?
David: Je crois bien que c'est un album de Strarshooter en 1981.

Electransmission: Comment est arrivée cette envie d'être dans le monde de la musique? Pourquoi l'électronique?
David: J'ai toujours été curieux de savoir comment était fait tel ou tel morceau, avec quels instruments, l'enregistrement et tout ça... Quand j'ai connu la musique électronique au milieu des années 80, j'ai eu la possibilité de tester un synthé et une boite à rythme chez un ami; j'ai tout de suite compris que c'était fait pour moi et le lendemain je suis allé m'acheter mon premiers synthé; tout a commencé.

Electranmission: Y-a-t-il des artistes qui vous influencent beaucoup en ce moment? Lesquels?
David: En ce moment non; de toute façon on se sert tous de ce qui a déjà été fait et on le mélange avec autre chose pour faire quelque chose de nouveau. Quand j'écoute de nouveaux artistes, je détecte leurs influences ou quel morceau ancien ils ont copié et ça me perturbe. Je préfère écouter l'original à la copie. Je suppose que c'est la même chose pour tous les gens qui font de la musique. À force de faire de la musique, on devient un mutant, rien n'est plus comme avant.

Electransmission: Trouvez-vous qu'il y a une évolution dans le monde de la musique électronique?
David: Oui, maintenant tout est mélangé. Après avoir galvaudé le mot "techno" c'est au tour maintenant au mot "electro". Ils l'utilisent à tort et à travers pour tout et n'importe quoi, ça ne veut plus rien dire. Le moindre groupe pop rock un peu nouveau deviens un groupe electro....Alors que ce n'est que de la pop. L'electro c'est de la musique electronique un point c'est tout. Maintenant tout est electro... Même Lady Gaga c'est electro. Et quand ils en aurons marre de ce "mot", quand il l'auront bien utilisé, essoré, usé, et bien il en trouverons un autre. Je ne fais pas parti du même style musical que David Guetta ou Black Eyed Peas. Malheureusement, à l'heure actuelle, beaucoup de gens font l'amalgame et ça m'énerve un peu à vrai dire. Bientôt, le R'n'B va devenir electro aussi...


Electransmission: Bien vrai tout ça. De quoi êtes-vous le plus fier depuis le début de votre parcours comme artiste?
David: D'être demeuré intègre dans ma musique, honnête envers moi-même et les auditeurs et de ne pas avoir fait de concessions. Je ne triche pas, je ne m'invente pas un personnage pour amuser la galerie; c'est vraiment moi, sur scène comme dans la vie.

Electransmission: Peut-on parler de vos parutions sur les labels Gigolo et Thrust?
David: Que dire a part le fait que j'ai eu beaucoup de chance de travailler avec ces labels....mais ça marche dans les deux sens. La vie se construit par des rencontres, même l'amour se trouve dans une rencontre; tout est histoire de rencontres.

Electransmission: De quel côté croyez-vous avoir le plus évolué depuis toutes ces années?
David: C'est ma fille de 5 ans qui m'a fait évoluer le plus ces dernières années. Les enfants c'est comme un miroir; ça vous renvoie tous vos défauts dans la figure comme un boomerang!

Electransmission: Y-a-t-il des artistes avec lesquels vous aimeriez collaborer?
David: Oui, mais je suis trop timide...

Electransmission: Space Factory; de quoi il s'agit?
David: C'est un label de musique électronique, c'est aussi simple que ça. On prend du plaisir à apporter notre modeste contribution à cette musique.

Electransmission: Merci beaucoup David Carretta pour cette entrevue!
David: Merci à TOI! À bientôt!!!


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dimanche 11 avril 2010


Aujourd'hui, j'ai le plaisir de m'entretenir avec Jordan Dare, incontournable DJ Montréalais, surtout connu pour sa présence dans les soirées I LOVE NEON. Maintenant les vendredis soirs aux Foufounes Électriques avec la soirée VOYEUR, cet artiste a le don d'étaler son talent sur les tables tournantes afin de transformer les auditeurs en réels danseurs euphoriques. Un entretien avec un homme musicalement passionné.

Electransmission: Jordan, pourquoi as-tu été poussé au métier de DJ en premier lieu?
Jordan: J'ai toujours été fasciné par la manipulation des sons, mais bien sûr par dessus tout, la musique. Tout a commencé dès mon très jeune âge, donc je crois que c'était une autre façon de m'immerger dans la musique et de me connecter avec les sons, tout en jouant de mes instruments.

Electransmission: Quel a été ton plus grand projet de DJ?
Jordan: J'ai fait plusieurs événements, donc c'est très dur a dire.

Electransmission: Quelle est la chanson que tu préfères le plus jouer?
Jordan: Avec autant de bonnes chansons, il serait difficile d'en choisir qu'une.

Electransmission: Quand as-tu débuté la production de tes propres pièces musicales?
Jordan: Dans la moitié des années 90.

Electransmission: Comment décrirais-tu ton son?
Jordan: Je ne le fais pas, je laisse cette tâche aux auditeurs. Chaque jour au studio est différent.

Electransmission: Quelles sont tes influences musicales?
Jordan: Je dois dire que la musique que j'écoutais en grandissant et dans la vie en général était surtout du Post-Punk. Par contre j'ai eu des influences de chaque genre musical. Dans ma vie, j'essaie de traduire la façon dont je vois les choses dans un son et une mélodie. J'aime beaucoup écouter les producteurs de musique récents; il y a une multitude d'artistes émergents qui créent de bonnes choses en ce moment.

Electransmission: Comment décrirais-tu la musique que tu fais jouer?
Jordan: Je ne sais pas trop... Je dirais différentes formes de techno et plus encore. Mais des fois, cela dépend de l'événement dans lequel je suis, mais par contre je demeure toujours dans les mêmes limites et je ne jouerai jamais une musique que moi-même je ne peux apprécier personnellement.

Electransmission: Avec les années, dirais-tu que le genre de musique que tu mets a changé?
Jordan: Certainement qu'il y a eu quelques changements, car la musique évolue sans cesse, mais je demeure tout de même près du même genre de son.

Electransmission: Tu as ta soirée aux Foufounes Électriques les Vendredis qui se nomme VOYEUR. Quel est le thème et le genre de musique que l'on peut entendre?
Jordan: Le concept de VOYEUR* a débuté au début des années 2000 entre moi, John Hatz & Doma au Blizzart. Je sentais à l'époque que les gens focussaient sur certaines parties de la scène musicale électronique dans laquelle je ne ressentais aucun intérêt. Moi et DJ Bliss manipulaient bien la musique et nous voulions inviter d'autres amis DJ avec qui on s'entendait bien.
Nous avons eu besoin d'un événement que nous pourrions identifier avec la musique et l'atmosphère sage, tout en n'étant pas restreint à un style spécifique de musique mais aussi jouant des sons plutôt avant-gardistes. VOYEUR aux Foufs est ce même concept mais beaucoup plus fort je crois. Si les gens se présentent en s'attendant à un seul style musical, ils se trompent de soirée. Je peux passer du Techno à l'Électro, au EBM, Post-Punk, Disco plus sombre et peut-être même trucs aléatoires.

Electransmission: Qu'est-ce que tu prévois dans un futur proche, Jordan?
Jordan: De la musique, encore plus de musique.

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*À noter que les soirées de Jordan Dare aux Foufounes Électriques n'ont plus lieu.